Les chiffres ne mentent pas : en 2018, l’arrivée massive des sargasses sur les côtes mexicaines a chamboulé les plans de milliers de voyageurs. Ce phénomène naturel, devenu source d’inquiétude et de débats, n’a pourtant pas le pouvoir de gâcher un séjour au Mexique, du moins, si l’on sait l’anticiper.
Les sargasses : de la haute mer aux plages mexicaines
Les sargasses, ces grandes algues brunes, prospèrent à l’origine loin des rivages, dans les eaux profondes de la mer des Sargasses, au nord de l’Atlantique. Portées par les courants, elles forment de vastes radeaux végétaux à la surface, véritables refuges pour quantité d’espèces marines, des jeunes anguilles aux tortues en passant par des poissons colorés.
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Historiquement, ces bancs de sargasses restaient en mer, loin des plages. Mais depuis 2011, la donne a changé. Les arrivées de sargasses se multiplient et prennent de l’ampleur, balayant les Caraïbes, le littoral du Mexique, le golfe du Mexique ou encore la Floride. L’année 2018 a marqué un record inquiétant, avec des quantités jamais vues jusque-là. Pourtant, ces échouages suivent un cycle et leur intensité varie d’une saison à l’autre.
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Quand l’odeur des sargasses s’invite à la fête
2018 restera dans les mémoires : sur les plages du Quintana Roo, les sargasses ont envahi le sable en masse. À Playa Del Carmen, l’odeur caractéristique des algues se faisait sentir jusqu’à l’avenue 10, bien à l’intérieur des terres. Les vacanciers ont alors découvert l’envers du décor : tapis d’algues brunes, effluves tenaces, baignade compromise.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités du Quintana Roo ont réagi en 2019 par une déclaration d’urgence. Elle a permis de débloquer des fonds pour déployer des équipes de nettoyage, installer des systèmes de retenue et tenter de contenir l’invasion sur les plages de Lázaro Cárdenas, Isla Mujeres, Benito Juárez, Puerto Morelos, Cozumel, Solidaridad, Tulum, Felipe Carrillo Puerto, Bacalar et Othón P. Blanco. Une vidéo tournée à Xpu-ha en juillet 2018 témoigne de l’intensité du problème : le sable blanc avait disparu sous la masse sombre des sargasses.
Des réponses tardives, des solutions balbutiantes
Au début de la crise, les moyens engagés étaient dérisoires. Chaque matin, des équipes armées de râteaux s’activaient dès l’aube pour débarrasser les plages de Cancun, Playa Del Carmen et Tulum avant l’arrivée des touristes. Parfois, les algues étaient même enfouies sous le sable, histoire de masquer provisoirement le problème. Mais lorsque les annulations de séjour se sont multipliées, les autorités ont compris l’urgence d’agir.

Des appels d’offres ont vu le jour, des entreprises ont proposé des solutions variées, parfois discutables. Finalement, des barrières flottantes ont été installées au large des plages les plus fréquentées dès 2019. Après des ajustements (certaines barrières ont cédé sous le poids des algues au début), le dispositif s’est amélioré au fil du temps. Mais la lutte demande encore des efforts continus.
Quand les sargasses débarquent-elles ?
La présence des sargasses à Cancun et sur la côte caraïbe dépend de plusieurs paramètres : mouvements des courants, taille des bancs d’algues, vents, météo. Après une tempête, il n’est pas rare de voir plus d’algues sur le sable. À l’inverse, les fronts froids venus du nord peuvent nettoyer la plage en quelques jours.
En général, la saison des sargasses s’étire d’avril à fin août, portée par la chaleur et les conditions météorologiques. L’hiver, en revanche, rime avec plages dégagées et mer turquoise. Les données recueillies ces dernières années sont sans appel : les plus gros échouages se concentrent sur la période chaude, puis décroissent dès la fin de l’été. En 2018, le pic a été spectaculaire, tandis que l’année 2020 a quasiment échappé au phénomène.

Sargasses en 2021 : situation sur les plages mexicaines
Après une année 2020 marquée par l’absence presque totale de touristes et de sargasses, le début 2021 a offert aux visiteurs des plages sublimes, dignes des plus belles cartes postales. Mais dès le mois de mai, les algues ont fait leur retour, pour finalement disparaître à nouveau à la mi-août. Depuis la fin de l’été, la tranquillité est revenue : les plages sont propres, les baignades agréables.
Preuve à l’appui : la plage de Xpu-ha, photographiée en décembre 2020 puis en octobre 2021, affiche un sable impeccable, sans trace d’algue à l’horizon. Cette destination figure d’ailleurs parmi les préférées de la région de Playa Del Carmen.

Comment vérifier la situation sur place ?
Pour ceux qui souhaitent préparer leur séjour sereinement, plusieurs options permettent de s’informer en temps réel sur l’état des plages mexicaines :
- Webcams : De nombreux établissements hôteliers et sites touristiques proposent des flux vidéo en direct. Il suffit de consulter les webcams de la Riviera Maya pour évaluer la présence ou non de sargasses avant de partir. Trois webcams sont également accessibles en direct pour suivre l’évolution jour après jour.
- Réseau de surveillance : Une page Facebook dédiée met à disposition une carte régulièrement mise à jour, illustrant la situation sur le littoral de la Riviera Maya. Sur la carte du 18 octobre 2021, les points bleus indiquent l’absence totale d’algues, les verts une présence très légère, tandis que les jaunes, oranges et rouges signalent respectivement une plus grande quantité et une invasion importante.
Où les sargasses sont-elles rares sur la Riviera Maya ?
En période de forte arrivée de sargasses, la majorité des plages exposées sont situées sur la côte continentale. Certaines îles, en revanche, sont beaucoup moins touchées. Isla Holbox, Isla Mujeres, l’île de Contoy ou la partie ouest de Cozumel échappent souvent à la vague brune. Ainsi, même en été 2021, alors que le littoral était impacté, les plages de ces îles restaient paradisiaques, sable blanc, eaux translucides, pas d’algues à l’horizon. Un exemple : Holbox, le 20 juin 2021, affichait un paysage intact.

Préparer son séjour sans appréhension
Pour résumer, plusieurs raisons concrètes montrent que les sargasses ne devraient pas devenir une obsession au moment de planifier un voyage au Mexique :
- La situation évolue d’un jour à l’autre : ce qui est vrai aujourd’hui peut changer demain.
- Toutes les plages ne sont pas concernées au même moment.
- Les hôtels et communes multiplient les opérations de nettoyage.
- Les données confirment la saisonnalité du phénomène : partir en hiver réduit fortement le risque de trouver des plages envahies.
Mais surtout, il y a bien plus à découvrir sur la Riviera Maya que les seuls bains de soleil. Les sites archéologiques, les pyramides, les réserves naturelles, les cenotes spectaculaires, les villages colorés du Yucatan, les fonds marins riches ou encore les lagons invitent à explorer la région autrement. Même après trois années passées sur place, de nouvelles surprises attendent toujours les plus curieux. Pour s’en convaincre, une vidéo suffit à éveiller l’envie d’aventure.
Conclusion : Si la perspective de croiser quelques sargasses vous freine, souvenez-vous que leur présence suit un cycle, que l’hiver reste préservé et que la situation peut évoluer très vite. Les plages mexicaines n’ont pas fini de surprendre, parfois sous une fine couche d’algues, souvent dans toute leur splendeur.

