Après le coucher du soleil, l’île de Lokrum ferme ses portes. Les autorités ne plaisantent pas : quiconque s’attarde écopera d’une amende. Pourtant, chaque jour, des flots de curieux se pressent vers cet îlot verdoyant, motivés par sa proximité avec Dubrovnik et l’envie d’échapper, ne serait-ce qu’un instant, à l’agitation citadine.
Les liaisons entre le vieux port et Lokrum s’enchaînent à un rythme soutenu. Même en pleine saison touristique, rien n’entrave la navette maritime. En une demi-journée, il est parfaitement possible d’en saisir l’essence sans courir d’un site à l’autre.
Lokrum, l’île secrète à deux pas de Dubrovnik : pourquoi tout le monde en parle
Quinze minutes suffisent depuis le vieux port de Dubrovnik pour débarquer sur l’île de Lokrum. D’emblée, elle se distingue parmi les îles croates : classée réserve naturelle depuis 1964, elle fait la part belle à la nature, bichonnant autant ses arbres que sa faune. Dès l’arrivée, impossible de manquer les paons de Lokrum. Descendants de ceux qu’apporta Maximilien de Habsbourg au XIXe siècle, ils déambulent en toute liberté, arborant leurs plumes au soleil, parfois imperturbables au passage des visiteurs.
En bordure des pins, le monastère bénédictin veille. Ces murs, témoins de bientôt neuf cents ans d’histoire, abritent aujourd’hui une exposition prisée par les fans de Game of Thrones. On y vient pour poser devant le trône de fer et pour flâner dans les cloîtres baignés d’ombre, là où l’histoire se mêle à la fiction. Plus haut, le Fort Royal, hérité de la période napoléonienne, attend les marcheurs. Une fois là-haut, la vue sur la vieille ville de Dubrovnik et l’Adriatique coupe littéralement le souffle.
Un peu à l’écart, la Mer Morte de Lokrum attire les amateurs de baignade tranquille. Cette retenue d’eau salée, creusée dans la roche, offre une alternative paisible aux plages animées de la perle de l’Adriatique. Nul hôtel à l’horizon : la nuit est interdite sur Lokrum, ce qui préserve l’authenticité et la quiétude du lieu.
La fréquentation n’est pas la même toute l’année. De mai à juin, puis en septembre, Lokrum retrouve une atmosphère apaisée et des tarifs plus doux, loin des foules estivales. Pour qui ne dispose que de peu de temps, croiser un paon au détour d’un sentier, admirer Dubrovnik depuis le Fort Royal ou savourer la lumière rasante d’une fin de journée sur l’île, c’est s’offrir une parenthèse rare sur la côte dalmate.
Que faire sur Lokrum ? Les expériences à ne pas manquer pour une escapade inoubliable
Dès que l’on pose le pied sur Lokrum island, le contraste saisit. Le parc naturel enveloppe le visiteur dans une ambiance feutrée, loin des rumeurs du continent. Les fameux paons de Lokrum, toujours aussi curieux, traversent nonchalamment les pelouses ou se camouflent entre les arbres centenaires. La première étape s’impose d’elle-même : le monastère bénédictin de Lokrum, où sont exposés costumes, photos et anecdotes sur le tournage de Game of Thrones. Impossible de passer à côté du trône de fer, qui attire autant les fans que les amateurs d’histoire médiévale.
Voici les lieux et moments à privilégier pour profiter pleinement de votre passage sur l’île :
- Gravir le sentier jusqu’au Fort Royal, bâti par les troupes napoléoniennes en 1806 : la montée est raide, mais la vue panoramique sur la vieille ville de Dubrovnik et la mer Adriatique vaut largement l’effort.
- Se rafraîchir à la Mer Morte de Lokrum, une lagune d’eau salée abritée du vent et idéale pour une baignade silencieuse, même lors des pics de chaleur.
- Explorer le jardin botanique de Lokrum, où palmiers, eucalyptus et cactus cohabitent. Les passionnés de botanique y découvrent des essences méditerranéennes venues parfois de loin, témoignant du passé cosmopolite de l’île.
Sur Lokrum, impossible de passer la nuit : le retour vers le vieux port de Dubrovnik est obligatoire avant la tombée du jour. Ce choix assumé préserve la magie du lieu et la sensation d’isolement, à quelques minutes seulement de l’agitation de la cité fortifiée. Quelques heures suffisent pour ressentir le privilège de cette escale, entre patrimoine, nature et silence rare.
Face à Dubrovnik, Lokrum veille, indomptée et singulière. On repart avec l’impression d’avoir effleuré un monde parallèle, suspendu entre histoire, nature et légendes. Qui sait, la prochaine fois, sera-t-elle encore la même ?


