Dans quels pays s’installent les Français de l’étranger

1 782 188. Ce chiffre n’est pas celui d’un département rural, ni d’une ville moyenne, mais celui des Français recensés à l’étranger en 2016. D’année en année, cette population ne cesse de grossir, esquissant une France aux frontières mouvantes. Qui sont ces expatriés, où posent-ils leurs valises, et combien sont-ils réellement à vivre loin de l’Hexagone ? Le point complet, données à l’appui.

Il y a de plus en plus d’expatriés français chaque année. Quel est leur nombre estimé lors du dernier recensement des Français vivant à l’étranger ? Quelles sont leurs destinations préférées ? Les réponses avec Assimil.

Les Français vivant à l’étranger : combien sont-ils ?

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères dresse chaque année un état des lieux de la diaspora. À la fin de l’année 2016, les registres consulaires enregistraient exactement 1 782 188 Français installés hors du pays. Plus de 71 000 nouveaux inscrits sur une seule année, soit une progression de 4,16 % par rapport à 2015. Sur dix ans, la hausse est vertigineuse : près de 30 % d’augmentation, année après année, avec une allure jamais démentie. La tendance ne semble pas près de s’inverser.

Mais ce recensement ne donne qu’un reflet partiel. L’inscription sur le registre des Français de l’étranger n’est pas automatique ; beaucoup y renoncent, d’autres attendent un scrutin pour s’en préoccuper. Les chiffres officiels ne restituent donc pas toute la réalité. Plusieurs estimations évoquent une communauté française établie hors de France dépassant le seuil des 2 millions, certains installés depuis longtemps, d’autres venus pour quelques années seulement.

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En observant la carte des installations, cinq pays principaux se détachent nettement : Suisse, États-Unis, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne. Rien que ces cinq destinations rassemblent quatre expatriés sur dix, ce qui représente 720 979 Français.

2016 Évolution entre 2015 et 2016
Suisse 179 597 2,22 %
États-Unis 157 849 11,21 %
Royaume-Uni 140 224 9,69 %
Belgique 124 978 3,52 %
Allemagne 118 331 3,78 %

Derrière ce peloton de tête, on retrouve le Canada, l’Espagne, le Maroc, Israël et l’Italie, qui complètent le groupe des dix destinations favorites des Français partis vivre ailleurs. Chaque pays attire une diversité de profils : jeunes diplômés, familles en quête de nouvelles perspectives, entrepreneurs, retraités qui franchissent le pas.

Un zoom sur l’Amérique du Nord : près de 260 000 Français y ont posé leurs valises, majoritairement aux États-Unis (61 %), mais aussi au Canada (39 %). Les métropoles comme San Francisco, Los Angeles, Montréal, Toronto ou encore Miami accueillent des communautés françaises actives, souvent soudées autour de lieux de rencontre, d’associations ou d’entreprises. Une réalité aussi présente en Asie et en Océanie, où vivent plus de 142 000 Français. La progression est particulièrement forte dans des villes comme Calcutta (+17,8 %) en Inde ou à Chengdu en Chine.

Au sein de l’Union européenne, le nombre de Français résidant à l’étranger a bondi de 4,35 % en 2016 pour atteindre 659 902 personnes. Plusieurs destinations séduisent particulièrement, le prouve la liste ci-dessous :

  • Malte ;
  • Estonie ;
  • Lettonie ;
  • Slovaquie ;
  • Irlande ;
  • République tchèque ;
  • Roumanie ;
  • Danemark ;
  • Royaume-Uni.

D’autres pays européens connaissent aussi une hausse de leur population française, comme la Suède, le Portugal, la Bulgarie, les Pays-Bas, la Finlande, le Luxembourg ou l’Autriche, même si cette évolution reste plus modérée. L’Allemagne et la Belgique poursuivent sur leur lancée, tandis qu’en Espagne et en Italie, la tendance s’inverse et le nombre de Français diminue. En dehors de l’UE, la Suisse attire toujours autant, nouvelle augmentation de 2,2 % en 2016, avec près de 180 000 résidents français.

Sur le continent africain, la présence française progresse également, notamment au Maghreb qui attire de plus en plus de ressortissants venus s’installer à Casablanca, Tanger ou Oran. Fin 2016, la communauté connaît une hausse de 4,03 %. Le tissu économique, les universités et les liens historiques n’y sont sans doute pas étrangers.

Certains territoires, au contraire, voient leur communauté française reculer de manière marquée sur cette période : Jérusalem, Nigeria, Burundi, Djibouti, Paraguay, Argentine ou Trinité-et-Tobago affichent des baisses sensibles, souvent en lien avec des contextes locaux complexes ou instables.

La proportion de binationaux varie d’un continent à l’autre. En Asie et Océanie, ils sont moins d’un sur quatre à posséder deux passeports, contre plus de 60 % au Moyen-Orient. Dans l’UE, ils représentent 29 %, et aux États-Unis 44 %. Choisir la nationalité locale devient parfois une affirmation d’appartenance, signe d’une vie ancrée entre deux mondes et deux cultures, sans sacrifier l’attachement initial.

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Où qu’ils vivent, ces Français recomposent leur quotidien à l’étranger, partagés entre racines et nouveaux horizons. Impossible de réduire l’expatriation à une définition figée, chaque trajectoire a sa singularité. Ce qui ne bouge pas, c’est le goût de partir, et le fait que demain réserve déjà d’autres territoires à explorer pour ceux qui souhaitent s’inventer ailleurs.

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