Argent à emporter pour un voyage à Cuba en 2019

Emportez exactement la somme qui ne vous servira pas, arrivez avec la certitude que tout s’achètera comme chez vous, et Cuba s’occupera du reste. Ce pays, à la fois fascinant et déconcertant, a de quoi désarçonner les voyageurs pressés ou distraits. Mieux vaut le savoir avant de partir, pour éviter de transformer son séjour en une série de déconvenues financières.

Cuba : 5 conseils pour perdre de l’argent inutilement

Envie de voir votre argent disparaître en un clin d’œil à Cuba ? J’ai testé pour vous la mauvaise voie, celle où chaque erreur coûte cher. Je résume ici mes péripéties pour que, si jamais vous souhaitez copier les mauvais réflexes, vos billets fondent aussi vite que les miens.

Mes échecs sur place m’ont coûté quelques centaines de dollars. Et puis, après coup, il reste ce petit plaisir de partager ce qu’il vaut mieux éviter.

Donc, avec un brin d’autodérision, voici comment transformer sans effort votre séjour sur l’île en marathon des dépenses imprévues.

1. Ignorer votre visa avant de partir

À la veille du décollage, la question du visa ne figurait pas vraiment sur ma liste de choses à vérifier. Le guide disait qu’on remettrait ce document magique soit à l’agence, soit à la compagnie aérienne, alors j’ai supposé qu’on me le glisserait dans l’avion, et je n’y ai plus du tout pensé. Arrivé à la douane, tout le monde exhibe fièrement son visa, sauf moi. Verdict : paiement d’un visa directement à l’aéroport, coûtant une centaine de dollars américains, alors que les Canadiens sont normalement censés l’obtenir sans frais ou inclus avec le billet, une économie disparue en un instant.

Le site du gouvernement canadien est clair : les voyageurs doivent demander une carte touristique, généralement fournie par le voyagiste, l’avion ou achetable dans certains aéroports. Elle ne permet ni activité pro, ni reportage sur place. Bref, assurez-vous de l’avoir avant d’embarquer, il n’en tombera pas du plafond une fois arrivé.

2. Confondre les deux monnaies

Cuba fonctionne avec deux monnaies : le peso cubain et le fameux CUC (peso convertible). Ne pas s’y retrouver entre les deux réserve de jolies surprises, rarement bonnes pour le portefeuille.

Le CUC vaut un dollar US et sert partout où un touriste pose le pied : magasins, taxis, restaurants… Les Cubains l’utilisent aussi. À côté, le peso cubain ne pèse pas lourd, mais on peut se le voir rendre en monnaie, notamment dans de petits commerces. Les menus ? Parfois en CUC, parfois en pesos, rarement bien précisé.

Pour limiter les surprises, quelques indices existent :

    Voici de quoi s’y retrouver sur les prix affichés :

  • Un plat à 10 : il s’agit presque toujours de 10 CUC (l’équivalent de 10 dollars).
  • Un tarif à 50 : il s’agit probablement de pesos cubains.
  • Dans la vieille Havane et les coins touristiques, tout est facturé en CUC.

Payer dans la mauvaise monnaie, c’est se faire doubler l’addition en quelques secondes.

3. Partir avec des dollars américains pour les changer sur place

Voilà une erreur classique : penser que le dollar US simplifie la vie à Cuba. Je l’ai constaté : cette monnaie reçoit une taxe supplémentaire, et le taux de change est nettement moins intéressant que pour les euros ou le dollar canadien. Les bureaux de change n’hésitent pas à ponctionner davantage sur chaque billet américain changé.

Restez sur vos devises habituelles. Méfiez-vous également : les cartes de crédit des banques américaines sont inutilisables à Cuba. Ma carte Visa d’une banque canadienne, elle, a fonctionné, mais le liquide est toujours une valeur sûre. Rien de tel pour garder la maîtrise sur ses dépenses et éviter les mauvaises surprises.

4. Ne pas sortir du quartier touristique de La Havane

Une bonne manière de perdre son budget à la vitesse grand V consiste à rester limité à la vieille ville de La Havane. C’est ici que chaque boisson, chaque trajet de taxi, chaque repas, atteint des prix bien au-dessus du reste de l’île. À force de refuser d’aller voir ailleurs, le Vedado, le Centro ou les quartiers moins connus, on épuise ses finances et on passe à côté de la vie cubaine hors vitrine.

5. Mépriser les casas particulares

Enfin, si la seule perspective d’un hôtel impersonnel ne vous dérange pas, sautez l’étape chez l’habitant. Les casas particulares coûtent beaucoup moins cher que les hôtels standards (souvent peu engageants hormis le grand luxe) et, surtout, l’accueil reste nettement plus chaleureux. C’est simple : lors de mon escale à Viñales, la famille de la Villa Luisito Celorio m’a ouvert ses portes comme à un vieux compagnon. Ce sont ces échanges qui laissent les souvenirs les plus forts.

Pour préparer ce voyage, plusieurs guides m’ont été bien utiles dans le déchiffrage des subtilités cubaines et pour dompter les pièges disséminés sur la route du voyageur.

Cuba, décidément, danse toujours à son propre rythme. Elle désoriente, elle apprend, elle fausse les certitudes. Il ne reste plus qu’à se laisser surprendre, quitte à perdre parfois quelques pesos… et à gagner tout le reste en souvenirs.

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