Bien que le Canada soit un pays relativement jeune, son territoire est occupé depuis des millénaires. Peuplée d’abord par des tribus aborigènes, elle est devenue le théâtre de la course à la colonisation entre Européens qui s’en sont approprié en bonne et due forme. Dans son immensité, ce pays a été le théâtre d’événements importants et de conflits décisifs. Découvrez, en bref, la petite histoire du Canada !
L’histoire du Canada : les premiers habitants
Les traces retrouvées sur le sol canadien racontent une histoire qui s’étire sur plus de 20 000 ans. Bien avant que l’Europe ne pose le moindre pied sur le continent, le territoire était déjà le foyer de multiples peuples venus de Sibérie, franchissant la Béringie alors que la glace reliait encore l’Asie à l’Amérique du Nord. Ce pont naturel a disparu il y a environ onze mille ans, laissant place à des migrations plus complexes à mesure que le climat se réchauffait.
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Ces communautés, connues aujourd’hui sous le nom de Premières Nations, se sont d’abord installées dans ce qui deviendra le sud de l’Ontario, aux abords de la rivière Eramosa. Les Hurons, par exemple, étaient déjà présents dans cette région au IXe millénaire avant notre ère. À cette époque, de vastes portions du territoire restaient prisonnières des glaces. L’ouest canadien, dès le VIIe millénaire avant JC, accueillait d’autres peuples tels que les Nootkas sur l’île de Vancouver. Les Inuits, quant à eux, auraient gagné le nord du pays vers le IIe millénaire avant JC par voie maritime, le passage terrestre ayant disparu depuis longtemps.
À partir du Ve siècle avant JC, la fonte progressive des glaciers a ouvert la voie à de nouvelles migrations. Des groupes jusqu’alors nomades se sont approprié de nouveaux territoires, s’y sont installés, et ont développé l’agriculture pour sédentariser leur mode de vie. Mille cinq cents ans plus tard, le Canada était habité de toutes parts par une mosaïque de nations autochtones : Algonquiens, Inuits, Cris, Pieds-Noirs, pour ne citer qu’eux.
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Droits d’auteur : Fred Dunn L’histoire du Canada : l’arrivée des colons européens
La première tentative connue d’installation européenne sur ces terres remonte aux alentours de l’an 1000, quand des Vikings venus de Scandinavie abordèrent les côtes, probablement dans la région des actuels Territoires du Nord-Ouest. Leur présence fut brève, marquée par des affrontements avec les populations autochtones qui finirent par les repousser. Ce n’est qu’en 1497, soit cinq ans après le périple de Christophe Colomb, qu’un autre Européen, John Cabot, mandaté par Henri VII d’Angleterre, accosta sur le sol canadien.
John Cabot disparut en mer dès l’année suivante, emportant avec lui deux cents hommes lors d’une expédition censée rallier le Japon. Cela n’a pas freiné la volonté de la couronne britannique de poursuivre l’exploration du continent. La France et le Portugal, puissances maritimes rivales, se sont rapidement lancées elles aussi dans la conquête des Amériques.
En 1534, Jacques Cartier, envoyé par François Ier, débarque à son tour au Canada, remonte le golfe du Saint-Laurent et rencontre le chef iroquois Donnacona. Les débuts laissent entrevoir une alliance, mais Cartier revendique vite la région au nom du roi de France, tendant les relations.
Cartier parvient néanmoins à convaincre Donnacona de laisser ses deux fils partir en France, afin d’en rapporter la preuve du Nouveau Monde. Au retour, ces derniers révèlent à Cartier que leur village porte le nom de « Kanata » dans leur langue. Un nom qui s’impose sur les cartes et finit par désigner l’ensemble du territoire.
Encouragé par les récits de Cartier, le roi de France organise une nouvelle expédition dès l’année suivante. Au début des années 1600, le Canada devient l’enjeu d’affrontements répétés entre la France et l’Angleterre, chacune désirant s’assurer le contrôle du commerce des fourrures et, plus globalement, des richesses du territoire. Les alliances se nouent : des tribus autochtones s’engagent dans le conflit, parfois entre elles, parfois aux côtés des colons européens.

Histoire du Canada : La guerre de conquête
La France s’impose d’abord à l’est, principalement sur les terres du futur Québec, mais la rivalité avec l’Angleterre se transforme vite en guerre ouverte. Le conflit européen de la guerre de Sept Ans s’étend aux colonies, et la Grande-Bretagne saisit l’opportunité pour affirmer son emprise sur l’Amérique du Nord.
Aux côtés de la France, plusieurs nations amérindiennes prennent les armes, mais l’Angleterre dispose d’une supériorité écrasante, tant en hommes qu’en puissance navale. En 1759 puis 1760, Québec puis Montréal tombent sous contrôle britannique. Le Canada bascule alors officiellement sous domination anglaise, même si la Grande-Bretagne, minée par une dette colossale, entame des négociations avec la France à peine la victoire acquise.
Le traité de Paris de 1763 met un terme à la guerre de Sept Ans. La France, qui conserve une présence dans les Antilles, transfère le Canada à la Grande-Bretagne et se retire presque totalement du continent nord-américain. Officiellement, le Canada rejoint les colonies britanniques. Mais derrière cette réorganisation politique, la réalité est bien plus sombre pour les Premières Nations : maladies, guerres et mise en esclavage déciment les populations autochtones, prises dans la tourmente de la colonisation.
Histoire contemporaine
Au XXe siècle, le Canada s’est retrouvé sur le front lors des deux guerres mondiales : 60 000 soldats canadiens sont tombés au combat pendant la Première, 45 000 pendant la Seconde. Entre ces deux catastrophes, la Grande Dépression frappe le pays de plein fouet. Le krach boursier de 1929 amorce une longue descente : chômage explosif, consommation à l’arrêt, croissance en berne. Il faudra attendre 1937 pour que le redressement économique s’amorce enfin.
Petit à petit, le Canada acquiert son autonomie. Le Statut de Westminster, en 1931, affirme la souveraineté des nations membres du Commonwealth. Puis, la loi de 1982 met un terme aux pouvoirs du Parlement britannique sur le Canada et consacre le rapatriement de la Constitution. À partir de cette date, le pays peut modifier sa Loi fondamentale sans demander l’aval du Royaume-Uni.
Le Canada fait désormais partie intégrante du Commonwealth, regroupant 52 États souverains, pour la plupart issus de l’ancien Empire britannique. Le chef de l’État reste la reine Elizabeth II, mais son rôle n’est plus que protocolaire. Sur place, c’est la gouverneure générale, actuellement Mary Simon, qui la représente, tandis que le pouvoir exécutif réel appartient au Premier ministre. Depuis 2015, Justin Trudeau, du Parti libéral, occupe cette fonction.

Pour qui s’intéresse à la mémoire collective du pays, un passage au musée de l’histoire du Canada à Hull s’impose. L’établissement retrace le parcours du pays, de l’époque autochtone à la colonisation, et attire chaque année près de 1,3 million de visiteurs, ce qui en fait le musée le plus fréquenté du Canada, toutes provinces confondues. Un lieu où les pierres et les objets rappellent, sans filtre, la diversité et la complexité de l’histoire canadienne.

