Un chiffre brut, sans fard : sept pays africains font aujourd’hui figure de poudrières, où l’insécurité dicte sa loi et où chaque changement de saison semble apporter son lot de défis supplémentaires. Depuis la pandémie de Covid-19, le contexte sanitaire a multiplié les tensions sur le continent africain, et plus particulièrement dans 7 pays, considérés comme « les plus dangereux ». Malick Niasse, chercheur associé au CEDPE, spécialiste de la sécurité et de la gestion des conflits, s’est confié sur l’urgence de la situation en Afrique.

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Les 7 pays d’Afrique les plus exposés à l’insécurité
Pour Malick Niasse, la carte de l’Afrique ne se découpe plus seulement en frontières géographiques. Depuis plusieurs années, une ligne de fracture s’est dessinée autour des États du G5 Sahel : Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie. À la création de ce groupement en 2014, l’objectif était double : faire front commun face à l’urgence humanitaire et sécuritaire, et renforcer la coopération économique dans une région où la stabilité reste fragile.
D’après les observations du chercheur, la liste des pays touchés par un climat de violence endémique ne cesse de s’allonger. À ce jour, le Soudan du Sud, la Somalie, la Libye, une partie du Mali et du Tchad, le Nigeria et la République centrafricaine figurent parmi les territoires où le risque pour la sécurité atteint des sommets. Dans ces nations, les guerres intestines ne se limitent pas au djihadisme : on y recense aussi des conflits sanglants entre agriculteurs et éleveurs, une explosion des trafics, drogue, êtres humains, armes, et une instabilité politique chronique alimentée par des élections contestées ou l’éviction brutale des dirigeants.
Les tensions ne s’arrêtent pas à la porte des palais présidentiels. Dans la région du lac Tchad, en Centrafrique ou au Soudan du Sud, ce sont les communautés elles-mêmes qui s’affrontent, souvent pour des ressources vitales ou sous la pression de groupes armés. Ces réalités, loin d’être anecdotiques, s’enracinent dans un quotidien fait d’incertitudes et de stratégies de survie.
La pandémie de Covid-19 : un accélérateur de fractures
Le choc sanitaire n’a pas épargné le continent. Loin des premiers bilans rassurants, l’Afrique affronte désormais une vague de violence aggravée par la pandémie. Le nombre de décès grimpe, particulièrement au Nigeria, en Afrique du Sud, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Sénégal et dans plusieurs États d’Afrique australe. Comme le souligne Malick Niasse, la pauvreté gagne du terrain, poussée par des conséquences qui dépassent largement le seul plan sanitaire. Les familles, les travailleurs, les pouvoirs publics encaissent de plein fouet une crise aux multiples facettes : économie à l’arrêt, systèmes de santé sous pression, cohésion sociale menacée. La crise actuelle risque d’augmenter le nombre de personnes pauvres.
Face à ce constat, Malick Niasse appelle à un changement de cap. Selon lui, il devient urgent pour l’Afrique de s’affirmer sans attendre, de ne plus compter sur des aides extérieures qui tardent ou se révèlent inadaptées. Les pays d’Europe et les États-Unis ont entamé leur propre mutation. L’Afrique, elle, doit tirer les leçons de cette séquence inédite, prendre la main sur son avenir et refuser de rester spectatrice, notamment en matière de vaccination ou d’innovation sociale et économique.
Source : Spoutnik
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