Les 26 pays qui composent aujourd’hui l’espace Schengen

Ouvrir une frontière n’a rien d’automatique. Chaque pays fixe ses règles pour accueillir les visiteurs venus d’ailleurs. L’espace Schengen, né d’un accord entre quelques États européens, a changé la donne pour une partie du continent.

Qu’est-ce que l’espace Schengen ?

Le 14 juin 1985, cinq des dix membres de la Communauté européenne de l’époque signent un accord à Schengen, un village du Luxembourg. Ce texte va bouleverser les habitudes frontalières en Europe, car au fil du temps, d’autres pays s’y associent, jusqu’à former aujourd’hui un ensemble de 26 États. Sur ce total, 22 sont également membres de l’Union européenne.

Classés par ordre alphabétique, ces pays sont : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède et la République tchèque. Quatre autres pays, non membres de l’UE mais associés à Schengen, complètent la liste : l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.

Ensemble, ces 26 États ont signé une convention qui rend possible la libre circulation de leurs citoyens. Concrètement, les frontières intérieures disparaissent et, en théorie, les contrôles d’identité ne s’appliquent plus entre ces pays.

Circuler dans l’espace Schengen

Pour franchir la frontière Schengen, tout dépend de votre nationalité : certains voyageurs doivent présenter un visa, d’autres non.

Voici un aperçu complet des pays d’origine soumis ou non à l’obligation de visa Schengen, classés par continent et par ordre alphabétique.

Pays soumis à l’obligation de visa Schengen

Pour les personnes originaires des États suivants, l’obtention d’un visa Schengen est nécessaire avant d’entrer dans la zone :

Africains concernés : Angola, Algérie, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Libéria, Libye, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie, Zimbabwe.

Américains concernés : Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Colombie, Cuba, Dominique, Équateur, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Îles Mariannes du Nord, Îles Marshall, Pérou, République dominicaine, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago.

Asiatiques concernés : Afghanistan, Bahreïn, Bangladesh, Bhoutan, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Émirats arabes unis, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Jordanie, Koweït, Laos, Liban, Mongolie, Myanmar, Népal, Oman, Pakistan, Philippines, Qatar, Sri Lanka, Suriname, Syrie, Tadjikistan, Thaïlande, Timor oriental, Turkménistan, Vietnam, Yémen.

Européens concernés : Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Macédoine, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Serbie-et-Monténégro, Turquie, Ukraine, Yougoslavie.

Océaniens concernés : Fidji, Kiribati, Micronésie, Nauru, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Salomon, Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu.

Pays pouvant entrer sans visa Schengen

Pour d’autres nationalités, aucune demande de visa n’est requise pour voyager dans l’espace Schengen :

En Europe : Andorre, Bulgarie, Croatie, Monaco, Roumanie, Saint-Marin, Suisse, Vatican.

En Amérique : Argentine, Brésil, Canada, Chili, Costa Rica, États-Unis, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Uruguay, Venezuela.

En Asie : Sultanat de Brunei, Corée du Sud, Hong Kong, Israël, Japon, Macao, Malaisie, Singapour.

En Océanie : Australie, Nouvelle-Zélande.

Les différentes catégories de visa Schengen

Le but de votre séjour détermine le type de visa à demander pour accéder à la France ou à tout autre pays de la zone.

Visa de court séjour

Ce visa, connu sous le nom de « visa Schengen », s’adresse principalement aux touristes et aux personnes en déplacement professionnel. Il est valable pour des séjours allant jusqu’à 90 jours, avec possibilité d’une ou de plusieurs entrées pendant cette période. Son tarif est fixé à 60 €.

Visa de long séjour

Ce visa autorise à travailler et à résider dans un pays Schengen pour la durée prévue par votre contrat de travail. Une fois sur place, il devient possible de demander un titre de séjour, synonyme de liberté de circulation dans l’ensemble de la zone. Ce visa coûte 99 €.

Visa de transit aéroportuaire (ATV)

Ce document s’adresse à ceux qui transitent brièvement par l’espace Schengen, en route vers une destination hors de cette zone. Chaque passage ne doit pas excéder 5 jours. Le prix de ce visa est de 60 €.

Comment déposer une demande de visa Schengen ?

Pour franchir les frontières extérieures de la zone Schengen, il faut déposer une demande de visa adaptée à la durée et au motif du séjour. Le formulaire à remplir est à télécharger sur le site du consulat du pays où vous comptez vous rendre ; il doit être complété et signé à l’endroit prévu.

La liste des pièces à fournir varie légèrement d’un consulat à l’autre, mais certains documents reviennent systématiquement.

Voici les principaux justificatifs généralement exigés :

  • Un passeport dont la validité se prolonge au moins 6 mois après la date de retour envisagée, et 3 mois au-delà de la fin de validité du visa. Le document doit comporter au minimum deux pages vierges.
  • Une photo récente au format passeport, sur fond clair.
  • Preuve de réservation aller-retour (certains consulats ne l’imposent pas systématiquement).
  • Pour un voyage professionnel, joindre une invitation officielle d’une autorité ou d’une entreprise (conférence, réunion, salon ou autre événement commercial). Pour un séjour privé, une attestation d’accueil ou une réservation d’hôtel sont à prévoir. En cas de formation, un certificat d’inscription délivré par l’établissement concerné est demandé.
  • Un justificatif d’assurance voyage couvrant les frais médicaux à hauteur de 30 000 euros minimum. Si la demande est rejetée, cette assurance peut être annulée et remboursée.

Le choix du consulat pour déposer votre dossier dépend de votre itinéraire. Si votre voyage ne concerne qu’un seul pays Schengen, adressez-vous au consulat correspondant. En cas de séjour dans plusieurs États, il convient de déposer votre demande auprès de celui où vous résiderez le plus longtemps. Prenons un exemple : vous prévoyez un week-end à Londres, puis une semaine en Norvège et enfin un mois aux Pays-Bas ; c’est le consulat des Pays-Bas qui doit recevoir votre dossier, car il s’agit de votre destination principale.

Et si le temps passé dans chaque pays reste incertain, il est possible de présenter la demande au consulat du pays par lequel vous entrerez dans l’espace Schengen.

Assurance voyage obligatoire : ce qu’il faut savoir

La demande de visa Schengen s’accompagne obligatoirement d’une assurance voyage. Depuis le règlement européen n° 810/2009, entré en vigueur le 5 avril 2010, une couverture minimale de 30 000 € est exigée pour tous les demandeurs.

Personne n’est à l’abri d’un problème de santé ou d’un accident à l’étranger. Cette assurance vise à garantir l’accès aux soins et à la prise en charge médicale si la situation l’exige, sans que les frais soient un obstacle.

Les garanties imposées couvrent : les frais médicaux et hospitaliers en cas d’urgence (au moins 30 000 € par personne), le transport médical sur place, ainsi que le rapatriement.

Des formules comme l’assurance Visa Schengen Europax proposent aussi la prise en charge des frais de recherche, la responsabilité civile privée, et le transport du corps en cas de décès. Obtenir un certificat d’hébergement en France en fait également partie.

L’espace Schengen a ouvert une ère de circulation fluide pour les Européens comme pour de nombreux voyageurs du monde entier. Mais cette liberté va de pair avec des démarches précises pour ceux qui viennent de l’extérieur. Des formalités, oui, mais aussi une promesse de voyage sans frontières, à condition de préparer son dossier avec rigueur et d’anticiper chaque étape. Les portes de l’Europe ne s’ouvrent pas d’un simple claquement de doigts. Mais pour qui sait composer avec les règles, elles laissent entrevoir des horizons sans autre limite que la curiosité.

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